Les Chakras
Les chakras, du mot sanskrit चक्र (chakra, signifiant « roue » ou « disque »), sont décrits comme des vortex d’énergie. Chacun est associé à un ensemble de fonctions psychologiques, émotionnelles et physiologiques. Dans un système à cinq chakras, on se concentre généralement sur :
- Muladhara (Racine)
- Svadhisthana (Sacré)
- Manipura (Plexus solaire)
- Anahata (Cœur)
- Vishuddha (Gorge)
Même si l’on ignore délibérément le troisième œil (Ajna) et le chakra coronal (Sahasrara), ces cinq premiers centres sont considérés comme fondamentaux pour la stabilité, l’énergie vitale et l’équilibre émotionnel. Leur activation et leur harmonisation sont censées promouvoir un état de santé globale, tant sur le plan physique que mental.
Pourquoi trouve-t-on différentes approches autour des chakras ?
En Inde, la tradition yogique et les textes védiques évoquent plusieurs centres d’énergie, communément appelés chakras (« roues » en sanskrit). Si la version la plus diffusée dans le yoga moderne retient sept chakras principaux, la réalité est plus nuancée.
D’autres traditions hindoues, bouddhistes, tantriques ou ésotériques, mentionnent parfois plus de sept chakras, ou bien un plus petit nombre, selon l’importance qu’elles leur attribuent. Alors, pourquoi cette diversité ?
- Héritage de textes et écoles multiples
Les Vedas, les Upanishads, puis la tradition tantrique, ont évolué sur plusieurs siècles. Chaque lignée (ou sampradaya) a pu mettre l’accent sur un ensemble de pratiques et de centres énergétiques précis, générant ainsi diverses approches. Les noms, les symboles et même l’emplacement exact des chakras peuvent varier d’une école à l’autre. - Transmission orale et adaptations régionales
Pendant longtemps, le savoir yogique s’est transmis de maître à élève par la voie orale, dans différents contextes géographiques. Cette transmission vivante et évolutive a favorisé l’émergence de nuances, voire de divergences, sur le nombre et la fonction de chaque chakra. - Appropriation et simplifications en Occident
À partir du XIXᵉ siècle, des mouvements ésotériques (comme la théosophie) et, plus tard, la psychologie transpersonnelle ont intégré la notion de chakras dans leurs propres systèmes de pensée. Au fil du temps, le « modèle à sept chakras » s’est imposé comme un référentiel pratique et pédagogique, plus facile à diffuser dans les milieux du bien-être. Certaines approches plus récentes, en quête de simplicité, se concentrent sur quelques chakras majeurs, tandis que d’autres insistent sur l’existence de multiples chakras secondaires.
Ainsi, parler de « sept chakras » n’exclut pas que des traditions ou des auteurs en décrivent davantage ou moins. Les sept chakras que nous présenterons ci-dessous forment toutefois le canevas de référence le plus couramment adopté dans le yoga moderne et les disciplines holistiques occidentales.
Pourquoi existe-t-il différentes approches du nombre de chakras ?
Le système le plus couramment cité dans le yoga et l’hindouisme comprend sept chakras principaux, situés le long de la colonne vertébrale, depuis la base jusqu’au sommet du crâne.
Cependant, certaines traditions bouddhistes, tantriques, ou encore des écoles ésotériques occidentales, proposent des interprétations différentes qui ne s’accordent pas toujours sur le même total. Dans certains enseignements, on met l’accent sur cinq chakras seulement. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette différence :
- Focalisation sur le tronc énergétique : Dans certaines pratiques, l’accent est mis sur les chakras situés entre le bas de la colonne vertébrale et la gorge, car ces centres sont considérés comme cruciaux pour l’équilibre émotionnel et physique. Les deux chakras supérieurs (troisième œil et couronne) sont alors intégrés dans des pratiques plus avancées, ou abordés séparément.
- Variations historiques et régionales : Les enseignements spirituels ont voyagé à travers différentes régions d’Asie, puis vers l’Occident. En chemin, ils ont été réinterprétés ou simplifiés. Certaines lignées spirituelles se sont davantage concentrées sur l’aspect pratique et thérapeutique des chakras, conservant uniquement cinq centres fondamentaux.
- Synthèse moderne : Des auteurs et praticiens occidentaux ont parfois regroupé ou fusionné les fonctions de plusieurs chakras pour n’en retenir que les aspects jugés essentiels dans un contexte de développement personnel ou de soins holistiques.
En somme, il n’existe pas de consensus absolu sur le nombre de chakras, ce qui reflète la variété et la complexité des traditions spirituelles qui les ont étudiés. Les cinq chakras présentés ci-dessous constituent l’une de ces approches, fréquemment rencontrée dans des systèmes où l’on privilégie un travail d’harmonisation « de la base au cou », avant d’aborder éventuellement les centres supérieurs.
Comment décrire en détail chacun des cinq ou sept chakras ?
Muladhara – Le Chakra Racine
- Emplacement : À la base de la colonne vertébrale, au niveau du périnée.
- Couleur associée : Rouge.
- Élément : Terre.
- Symbolique principale : Stabilité, sécurité, survie, ancrage.
- Fonctions corporelles : Relié aux jambes, aux pieds, au squelette, et plus largement à l’élimination (intestins, reins).
- Aspects émotionnels : Lorsque ce chakra est en harmonie, on ressent un sentiment de sécurité et de confiance. Un blocage peut se traduire par de la peur, de l’insécurité ou un manque de stabilité (par exemple, anxiété financière ou difficultés à se sentir « chez soi »).
- Approches d’harmonisation : Exercices d’ancrage (comme la posture de l’arbre en yoga), méditations axées sur le sentiment de sécurité, utilisation de la couleur rouge dans la visualisation et l’environnement.
Svadhisthana – Le Chakra Sacré
- Emplacement : Juste en dessous du nombril (environ quatre doigts).
- Couleur associée : Orange.
- Élément : Eau.
- Symbolique principale : Créativité, plaisir, fluidité, émotions.
- Fonctions corporelles : Régit notamment les organes reproducteurs, la région pelvienne et la circulation des fluides dans le corps.
- Aspects émotionnels : Équilibré, il favorise la joie de vivre, la capacité à profiter des plaisirs simples, et une saine expression de la créativité. Un déséquilibre peut générer de la culpabilité, des blocages créatifs, ou des problèmes relationnels.
- Approches d’harmonisation : Danses, mouvements fluides (par exemple, le yoga kundalini avec des mouvements du bassin), travail sur l’expression des émotions à travers l’art-thérapie, méditations sur le flux et la fluidité.
Manipura – Le Chakra du Plexus Solaire
- Emplacement : Dans la région du haut de l’abdomen, entre le nombril et la base du sternum.
- Couleur associée : Jaune.
- Élément : Feu.
- Symbolique principale : Pouvoir personnel, volonté, estime de soi.
- Fonctions corporelles : Liées à la digestion, au métabolisme, au pancréas et à l’estomac.
- Aspects émotionnels : Quand ce centre est équilibré, on se sent confiant, motivé, et capable de prendre des décisions. Un déséquilibre peut entraîner de la timidité, un manque de confiance ou de la colère mal canalisée.
- Approches d’harmonisation : Exercices de respiration (pranayama) ciblés sur le ventre, postures de yoga renforçant la sangle abdominale (comme la posture du bateau, « Navasana »), affirmation de soi et méditations axées sur la transformation intérieure.
Anahata – Le Chakra du Cœur
- Emplacement : Au centre de la poitrine, au niveau du cœur physique.
- Couleur associée : Vert.
- Élément : Air.
- Symbolique principale : Amour, compassion, ouverture émotionnelle.
- Fonctions corporelles : Régit le cœur, les poumons et la circulation sanguine.
- Aspects émotionnels : L’équilibre d’Anahata se traduit par la capacité à donner et à recevoir de l’amour, à faire preuve d’empathie et de compassion. Un blocage peut mener à la peur de la vulnérabilité, la tristesse ou des difficultés relationnelles.
- Approches d’harmonisation : Méditations sur la bienveillance (par exemple, la méditation bouddhiste Metta), postures de yoga d’ouverture de la poitrine (comme le « Pont » ou « Ustrasana », la posture du chameau), travail sur la gratitude et la douceur envers soi-même.
Vishuddha – Le Chakra de la Gorge
- Emplacement : Au niveau de la gorge.
- Couleur associée : Bleu.
- Élément : Éther (parfois interprété comme l’espace, la vibration).
- Symbolique principale : Communication, expression authentique, vérité.
- Fonctions corporelles : Liées à la thyroïde, aux cordes vocales, et au cou.
- Aspects émotionnels : Un Vishuddha équilibré permet de s’exprimer clairement, de communiquer ses besoins et ses idées sans peur. En cas de déséquilibre, on observe des difficultés à parler en public, un sentiment d’incompréhension ou, à l’inverse, une tendance à trop parler sans écouter.
- Approches d’harmonisation : Chant de mantras, exercices de diction, écoute attentive, postures de yoga qui relâchent la nuque et la région cervicale, mise en avant de la créativité verbale (poésie, théâtre).
Et les deux derniers des 7 chakras :
Ajna (Chakra du Troisième Œil) - Emplacement : Entre les sourcils, légèrement au-dessus de la racine du nez.
- Couleur : Indigo.
- Élément : Souvent décrit comme la « lumière » ou un degré plus subtil de l’éther.
- Mantra : OM (ou AUM).
- Fonctions et symbolique : Intuition, vision intérieure, clarté mentale, perception. Lié au cerveau, aux yeux et à l’hypophyse.
Sahasrara (Chakra Couronne) - Emplacement : Au sommet de la tête, comme un halo au-dessus du crâne.
- Couleur : Violet, blanc ou doré.
- Élément : Au-delà des éléments (conscience pure).
- Mantra : On évoque parfois le silence, ou un OM vibrant.
- Fonctions et symbolique : Connexion spirituelle, sentiment d’unité, élévation de la conscience. Associé à la glande pinéale et à la réalisation de soi.
Comment les cinq chakras principaux sont-ils perçus dans différentes cultures ?
Un concept hindou au départ
Les premières références aux chakras apparaissent dans les textes védiques et upanishadiques, rédigés entre 1500 et 500 av. J.-C. en Inde. Dans la tradition hindoue, ils sont au cœur de la pratique du yoga, notamment du Kundalini yoga, où l’éveil de l’énergie à la base de la colonne vertébrale (Kundalini) est censé traverser ces centres jusqu’au sommet du crâne. Les sept chakras traditionnels sont alors clairement définis, chacun ayant sa couleur, son mantra, et ses correspondances physiologiques.
Variations bouddhistes
Le bouddhisme, notamment sous sa forme tantrique (Vajrayāna), utilise également la notion de centres énergétiques, souvent appelés wheels ou channels. Les terminologies diffèrent légèrement, et certains textes bouddhistes mentionnent des points énergétiques qui ne coïncident pas exactement avec ceux de la tradition hindoue.
Selon les lignées, le nombre de centres majeurs peut varier, reflétant un symbolisme plus spécifique à la voie bouddhiste : purification de l’esprit, éveil de la compassion et de la vacuité.
Adaptations occidentales
Au fil de la colonisation et de l’expansion du yoga en Occident, les chakras ont été adoptés par divers mouvements ésotériques et spirituels, comme la théosophie au XIXᵉ siècle. Plus récemment, les thérapies holistiques, la psychologie transpersonnelle et la médecine douce intègrent fréquemment la notion de chakras, en la combinant avec des approches modernes (affirmations positives, psychothérapie, reiki, etc.).
Dans ces contextes, certains praticiens se concentrent sur cinq chakras pour simplifier l’enseignement ou l’adapter à un public moins familier avec la spiritualité orientale. D’autres conservent la totalité des sept chakras, voire en identifient davantage encore.
Approches contemporaines et contradictions
Dans le monde moderne, on retrouve plusieurs points de vue :
- Spiritualité « New Age » : Intégration des chakras dans un large éventail de pratiques (cristallothérapie, aromathérapie, méditation guidée). Certains thérapeutes parlent systématiquement de sept chakras, tandis que d’autres se limitent à cinq ou six, arguant que cela rend la pratique plus accessible.
- Scepticisme scientifique : La science occidentale traditionnelle ne reconnaît pas l’existence des chakras comme centres énergétiques mesurables. Les sceptiques considèrent les chakras comme des constructions symboliques ou psychologiques utiles pour expliquer certains phénomènes, mais non validées par des preuves empiriques.
- Pratiques médicales alternatives : Dans des médecines traditionnelles (ayurvéda, médecine chinoise), des notions similaires existent (méridiens, dantians), bien que la terminologie et le cadre théorique diffèrent. L’objectif commun demeure l’équilibre de l’énergie vitale (prana, chi, ki).
Cette diversité de perspectives illustre la pluralité des interprétations : parler de 5, 7 ou 9 chakras n’est pas nécessairement contradictoire, si l’on considère qu’il s’agit de grilles de lecture différentes pour aborder la même réalité énergétique ou symbolique.
Quelle est la symbolique profonde de Muladhara, le chakra racine ?
Un ancrage vital pour l’existence
Muladhara, souvent appelé « chakra racine », est associé à la sécurité, la stabilité et la survie. Sur le plan symbolique, il représente notre lien avec la terre (élément Terre), nous connecte à nos besoins fondamentaux (logement, nourriture, santé) et structure notre rapport à la matérialité. À ce niveau, la vie s’affirme sous ses formes les plus basiques : se nourrir, se protéger, s’enraciner.
Une « racine » pour croître
Sur le plan psychologique, le mot « racine » fait écho à l’idée d’établir des bases solides. Comme les racines d’un arbre qui lui permettent de puiser l’eau et les nutriments indispensables à sa croissance, Muladhara offre le socle à partir duquel les autres chakras peuvent s’épanouir. Quand ce chakra est déséquilibré, on peut ressentir de la peur, un manque de confiance ou une impression de déracinement qui entravent le développement personnel. En revanche, un Muladhara équilibré se manifeste par une sensation d’assurance, un sentiment d’“être à sa place” dans le monde et de disposer de la force intérieure nécessaire pour avancer.
Un miroir de la relation au « collectif »
Dans de nombreuses traditions, la dimension symbolique de Muladhara ne se limite pas au corps individuel, mais s’étend à la communauté. Les anciens textes védiques relient ce chakra à l’instinct de survie, qui inclut aussi la préservation du clan ou de la famille. D’un point de vue culturel, on peut ainsi voir Muladhara comme la conscience des racines familiales, de l’héritage culturel ou des traditions ancestrales. Il invite à reconnaître d’où l’on vient, à honorer son histoire, tout en restant ancré dans le moment présent.
Une impulsion vers la “solidité intérieure”
Enfin, Muladhara symbolise la capacité à transformer la peur en courage. Si l’on prend l’exemple de la Kundalini, l’énergie logée dans ce chakra doit être libérée pour entamer un chemin d’éveil vers les centres supérieurs. Sur le plan spirituel, c’est l’affirmation que notre rapport à la matière, aux biens et aux bases concrètes de la vie est un tremplin pour grandir intérieurement. Il ne s’agit pas de renoncer au monde matériel, mais plutôt de s’y établir de manière saine, afin qu’il soutienne l’évolution personnelle et spirituelle.
Enfin, Muladhara symbolise la capacité à transformer la peur en courage. Si l’on prend l’exemple de la Kundalini, l’énergie logée dans ce chakra doit être libérée pour entamer un chemin d’éveil vers les centres supérieurs. Sur le plan spirituel, c’est l’affirmation que notre rapport à la matière, aux biens et aux bases concrètes de la vie est un tremplin pour grandir intérieurement. Il ne s’agit pas de renoncer au monde matériel, mais plutôt de s’y établir de manière saine, afin qu’il soutienne l’évolution personnelle et spirituelle.
Comment interpréter la dimension symbolique de Svadhisthana, le chakra sacré ?
La créativité et la fluidité comme principes fondamentaux
Svadhisthana, le « chakra sacré », est traditionnellement associé à l’élément Eau, synonyme de mouvement, de fluidité et de renouvellement. Symboliquement, il régit la sphère de la créativité (artistique, intellectuelle, relationnelle), ainsi que l’expression des émotions et des désirs. Cette dimension fluide nous rappelle que la vie est changement constant et que l’harmonie découle de la capacité à embrasser ce flux intérieur plutôt que de le bloquer.
L’énergie du plaisir et de la sensualité
Au niveau psychologique et émotionnel, Svadhisthana représente l’aptitude à ressentir et à accueillir le plaisir sous toutes ses formes : la joie de vivre, la découverte de nouvelles expériences, la sexualité épanouie, mais aussi le simple fait de se laisser toucher par la beauté du monde. Sur le plan symbolique, il évoque la naissance et la régénération (l’énergie sexuelle est, avant tout, une force de création et de procréation). Un Svadhisthana bloqué peut entraîner un refoulement émotionnel, une difficulté à recevoir ou à donner de l’amour physique et un manque de spontanéité dans la vie quotidienne.
Un reflet de l’équilibre entre indépendance et partage
Bien que ce chakra mette en avant la sensibilité et les émotions, il concerne également la notion de relation. Sur le plan culturel ou spirituel, Svadhisthana nous enseigne à équilibrer le “je” et le “nous”. Il nous rappelle que, pour interagir harmonieusement, il faut savoir exprimer ses besoins tout en respectant ceux d’autrui. La symbolique de l’Eau (élément partagé par les êtres vivants) souligne que, même si chaque individu est unique, il fait partie d’un ensemble plus vaste où tout est interconnecté.
L’élan vers la création de soi
Spirituellement, Svadhisthana peut être vu comme le « premier pas » vers la création de soi au-delà de la simple survie. Après avoir ancré notre existence dans Muladhara, ce chakra nous invite à passer à un niveau d’expérience plus subtil : la joie de ressentir, d’imaginer, de donner forme à des projets ou à des œuvres. Il symbolise la capacité à transformer un ressenti intérieur en une manifestation concrète dans le monde extérieur, que ce soit sous forme d’art, d’innovation ou de relations humaines riches et sincères.
En quoi la symbolique de Muladhara et Svadhisthana s’articule-t-elle ?
- La continuité Terre–Eau : L’un est un ancrage solide, l’autre une invitation à la fluidité et au changement. Ensemble, ils rappellent que l’équilibre individuel naît de l’alternance entre stabilité (Muladhara) et mouvement (Svadhisthana).
- Un chemin progressif : Si Muladhara pose les fondations, Svadhisthana introduit la dynamique créatrice. D’un point de vue symbolique, il y a là un continuum : on ne peut vraiment libérer son potentiel créatif (Svadhisthana) que si l’on se sent en sécurité (Muladhara).
- Le corps, temple de l’expérience : De la base de la colonne vertébrale jusqu’au bas-ventre, ces deux chakras guident nos besoins primaires (survie, reproduction, plaisir, intimité). Ils représentent la manière dont le corps, dans sa dimension la plus physique, peut devenir un support d’expression émotionnelle et spirituelle.
En somme, Muladhara et Svadhisthana sont plus que de simples centres énergétiques : ils constituent deux étapes clés dans la construction de l’identité et dans la relation au monde. Le premier apporte l’enracinement nécessaire pour traverser les aléas de la vie ; le second, la capacité à s’adapter, à innover et à ressentir la joie d’exister. Leur interaction montre qu’une vie à la fois solide et créative demande un subtil dosage entre sédimentation et fluidité, entre besoin de sécurité et ouverture à l’inconnu.
Pourquoi parle-t-on de “regard intérieur” pour Ajna ?
Le mot sanskrit Ajna est parfois traduit par « percevoir », « commandement » ou « centre de contrôle ». Dans la tradition yogique, on considère qu’Ajna agit comme un « œil subtil », permettant de voir au-delà du monde purement matériel.
- Symbolique de la lumière : Alors que les yeux physiques perçoivent la lumière extérieure, Ajna est souvent présenté comme l’organe subtil qui capte la lumière intérieure, celle de la conscience et de la connaissance de soi.
- Siège de l’intuition : Sur le plan psychologique, ce chakra est lié à la capacité de percevoir l’essence des choses, de “sentir” la vérité au-delà des apparences. Ajna est associé à l’idée de « sixième sens » ou de perception extrasensorielle.
La localisation d’Ajna, au niveau du front (entre les sourcils), est souvent perçue comme un point de jonction entre le mental rationnel et l’espace de la vision intuitive.
- Discernement : Lorsque ce chakra est harmonisé, il incarne la faculté de distinguer la réalité des projections de l’esprit. On se détache plus aisément des croyances limitantes ou des pensées parasites.
- Clarté mentale : Sur un plan symbolique, l’énergie d’Ajna est associée à la dissolution des illusions (ce qui est parfois désigné comme Maya dans la philosophie hindoue). L’individu gagne en lucidité, comprenant mieux les mécanismes mentaux qui peuvent l’induire en erreur.
Conscience et “illusion du moi”
Dans certaines interprétations spirituelles, Ajna est le centre par lequel on transcende l’ego. Plutôt que de rejeter l’ego, il s’agit de le comprendre comme une part de l’expérience humaine, tout en gardant à l’esprit l’existence d’une dimension plus vaste de la conscience.
- Ouverture à la spiritualité : Ajna est souvent décrit comme le pivot qui prépare à l’ouverture de Sahasrara (le chakra couronne). Il aide à “dépasser” l’illusion d’une séparation entre soi et le reste du monde.
- Intégration : Sur le plan culturel, on retrouve ce thème de la “vision unitive” dans différentes traditions (bouddhisme, taoïsme, soufisme), où le “troisième œil” ou le “regard intérieur” est un symbole récurrent de l’éveil.
Quels débats et controverses entourent la notion de chakras ?
Absence de consensus scientifique
Si beaucoup de pratiquants affirment ressentir des effets concrets (réduction du stress, meilleure gestion des émotions, etc.), aucun instrument de mesure validé ne détecte les chakras ou le prana de façon objectivable. Les scientifiques sceptiques estiment donc qu’il s’agit d’un concept purement métaphorique.
Appropriation culturelle
Avec la mondialisation, certains critiquent l’appropriation culturelle des pratiques spirituelles orientales par l’Occident, dénonçant souvent une simplification extrême du yoga et une commercialisation des chakras qui les coupe de leur contexte traditionnel. D’autres considèrent ces adaptations comme un moyen positif de diffuser des méthodes de bien-être à un plus large public.
Interprétations divergentes
Même au sein des traditions orientales, on trouve des divergences sur la localisation exacte des chakras, leur nombre, ou encore leur fonction. Cela peut dérouter les personnes qui cherchent une vérité unique et fixe. L’approche la plus constructive consiste généralement à expérimenter les différentes méthodes et à voir lesquelles résonnent le plus avec ses propres convictions et ressentis.
Les chakras, qu’ils soient considérés comme des réalités énergétiques ou comme des outils symboliques, sont avant tout un moyen de se relier à son intériorité, de cultiver la bienveillance envers soi-même et de développer un sentiment d’harmonie avec le monde environnant.
Comment tirer parti de l’étude des cinq chakras pour son bien-être ?
Malgré les controverses, nombreux sont celles et ceux qui trouvent un bénéfice réel à se concentrer sur les chakras dans le cadre d’une démarche de développement personnel ou spirituel. Voici quelques pistes :
- Prise de conscience corporelle : Se pencher sur chaque chakra invite à un examen précis de son propre corps, de ses tensions, et de ses signaux.
- Équilibre émotionnel : Les chakras servent de repères pour identifier où se situent certains blocages ou traumatismes émotionnels.
- Gestion du stress : Les techniques de respiration, de méditation et de yoga liées aux chakras forment un socle solide pour apaiser le mental.
- Croissance spirituelle : Pour les personnes engagées sur un chemin spirituel, la visualisation et l’activation des chakras peuvent nourrir un sentiment de connexion au-delà du plan purement physique.
Chaque individu peut ainsi adapter la notion de chakra à ses besoins, qu’il s’agisse d’une simple méthode d’exploration de soi ou d’un engagement profond dans un chemin de transformation spirituelle.
Les cinq chakras : une vision parmi d’autres, mais un outil précieux
En définitive, l’idée des cinq chakras offre un cadre pratique pour comprendre et travailler sur son bien-être global. Bien qu’elle diffère de la vision plus traditionnelle des sept chakras, cette approche simplifiée est souvent plébiscitée pour son accessibilité et sa clarté. Elle permet de se concentrer sur des zones corporelles et émotionnelles spécifiques, tout en gardant à l’esprit l’interdépendance de l’ensemble du corps énergétique.
En se penchant sur les racines historiques et culturelles des chakras, on constate qu’il n’y a pas de modèle unique ou universel. Les variations dans la manière de nommer, de localiser et de conceptualiser les chakras sont nombreuses à travers le temps, les régions et les contextes spirituels. Ainsi, comprendre la diversité des approches et des pratiques autour de ces centres énergétiques peut s’avérer enrichissant et ouvrir des perspectives nouvelles sur la santé, la spiritualité et l’exploration de soi.
Dans tous les cas, que vous adoptiez la vision des cinq ou celle des sept chakras (ou toute autre grille de lecture), l’important reste l’expérience que vous en faites au quotidien.